“Les éclairs de Génie” du 5 mars, synthèse

La première édition des “Eclairs de Génie”, notre nouveau rendez-vous mensuel pour décrypter  l’actualité et les tendances de l’environnement de travail, s’est tenue le jeudi 5 mars sur le thème suivant :

Après les grèves, le coronavirus…
L’actualité nous pousse à réfléchir sur notre organisation du travail.
Quels enseignements en tirer pour anticiper au mieux ces événements  ?

L’échange a été mené par nos experts de Génie des Lieux :

Frédérique Mansoux, directrice expertise métier et recherche
Dorra Ghrab, directrice du pôle programmation et accompagnement au changement
Félix Traoré, doctorant en sociologie du Travail

Les grands épisodes de grève qui ont marqué le passage en 2020 semblent maintenant loin derrière nous. Il serait pourtant dommage de les oublier trop rapidement. Face à une situation inédite et peu prévisible, des milliers d’organisations et de personnes ont dû aménager des modalités de travail à distance, et beaucoup ont dû – parfois au premier sens du terme – apprendre en marchant. L’actualité est là pour nous rappeler que ce type d’expériences est susceptible de se représenter, et nous interroge sur notre capacité à y faire face. Mais au-delà d’un problème de gestion de crise, que peut-on retenir de ces situations exceptionnelles ? Que nous ont-elles appris sur nos organisations, leur rapport à l’espace, et les effets du recours (ou non) au télétravail ?

C’est pour échanger autour de ces questions qu’une trentaine de professionnels venus d’horizons divers (banque-assurance, industrie, service public, presse, etc.) nous ont fait l’amitié de participer à l’Éclair de Génie de ce matin. Entre groupes de parole et séances plénières, les participants ont partagé leurs expériences, qui ont ensuite été mises en perspective avec l’approche de Génie des Lieux et l’état des recherches scientifiques sur le sujet.

Il en est d’abord ressorti une grande diversité des situations rencontrées, aussi bien au niveau individuel qu’à l’échelle collective. Secteur d’activité, responsabilités familiales et dispositifs déjà en vigueur sont apparus comme autant de facteurs de différence. La configuration des lieux d’exercice du télétravail s’est aussi révélée déterminante, posant la question de l’égalité entre les salariés. Entre ceux qui disposaient d’une pièce dédiée à domicile et ceux qui devaient partager la salle à manger avec un conjoint, l’écart s’est creusé au fil des semaines. Un problème qui a pu trouver des réponses dans l’accès à des tiers-lieux, comme certains salariés de Société Générale en ont fait l’expérience : « À mesure que la grève se prolongeait, on a vu de plus en plus de personnes recourir au dispositif », observait Laurence Doumerc, Responsable Workplace Management de la banque.

À l’issue de la discussion, les participants s’accordaient autour d’un grand constat : la qualité du fonctionnement à distance repose indissociablement sur des infrastructures (réseaux et outils informatiques, qualité et diversité des lieux de travail proposés) et sur des actifs plus immatériels, comme la confiance, l’entraide et la culture de dialogue. Indicateur de la maturité des organisations, elle se construit dans tous les cas à travers des apprentissages, aussi bien pour les managers que pour leurs collaborateurs. Une idée sur laquelle Dorra Ghrab, Responsable du pôle Accompagnement au changement chez Génie des Lieux, n’a pas manqué d’insister : « Pour aller vers de nouveaux modes de travail, il faut un accompagnement global, qui articule la question de de l’environnement de travail avec les enjeux culturels et stratégiques. Ces dimensions ne seront jamais séparables ».

2020-03-06T12:16:13+01:00