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Le flex office s’appuie sur l’autonomie du salarié

Management différent, outils adaptés, le flex office est avant tout un projet d’entreprise. La promotion du travail nomade qui doit s’accompagner d’une offre de mobilité externe, le bureau libre. Une interview réalisée par Les Echos. 

Pierre BOUCHET, co-fondateur de Génie des Lieux revient sur le bien-être et le flex-office.

Comment définir le bien-être au travail ?

Le bien-être au travail s’évalue en des termes physiologiques et psychiques. Il résulte d’un équilibre entre un environnement qui correspond à l’image, à l’identité dans laquelle le collaborateur se reconnaît, et des espaces et outils de travail de qualité que l’on met à sa disposition. C’est un service rendu, même si cette notion reste très subjective.

Quelles sont les conditions à réunir pour que les espaces de travail flexibles soient bien vécus dans l’entreprise ?

Le flex office est un environnement dynamique, qui ne se résume pas à un projet immobilier mais s’inscrit bien dans un projet de transformation globale d’une entreprise portée par la direction générale. Ce projet consiste-t-il à gagner des mètres carrés ou à travailler dans des espaces mieux adaptés dans un souci
d’efficacité ? Il faut bien cerner la question. Par ailleurs, le flex office ne s’envisage pas sans un management différent, fondé sur la confiance et l’autonomie du salarié tertiaire – et, bien sûr, sans les outils ad hoc : ordinateur et téléphone portables, wi-fi…

Pourquoi préconisez-vous d’accompagner ce changement interne par une mobilité externe ?

Le fait d’être mobile, de travailler là où on en a besoin, selon ses activités et pratiques, est appelé à devenir la norme. Rappelons que le taux d’occupation
d’un immeuble de bureau est de 50 % en moyenne. Une approche en bureau libre, terme que je préfère à celui de flex office, doit intégrer plusieurs solutions
de travail : à domicile, sur le site de l’entreprise (avec une offre d’espaces de corpoworking), mais aussi dans des tiers lieux professionnels à proximité des
domiciles des salariés. Ces derniers sont en fort développement, mais ne proposent pas toujours des services de qualité en termes de confort de travail,
ils se positionnent plus sur l’image ! Le flex office propose aujourd’hui un décloisonnement de l’environnement tertiaire à l’échelle de l’entreprise, demain
il devra se faire à l’échelle de la ville.

Les promoteurs et investisseurs de l’immobilier tertiaire sont-ils prêts pour le flex office ?

Les bureaux livrés actuellement sans locataire ne sont pas toujours adaptés au flex office. Les issues de secours, centrales de traitement d’air et sanitaires, ne sont pas calibrés pour accueillir plus de monde, c’est un vrai casse-tête pour les bureaux de contrôle. Pourtant, le flex office peut être une piste à explorer par
les promoteurs et investisseurs pour inverser ce mouvement qui a éloigné les immeubles tertiaires loin de Paris, au motif d’une économie qui n’en est finalement pas une. L’inoccupation de ces bureaux a un coût.
Par ailleurs, les trajets domicile-travail représentent 30 % de l’empreinte carbone des entreprises. Les enjeux environnementaux et de santé publique, et pas seulement l’optimisation des mètres carrés permise par le flex office, devraient les convaincre de revenir vers les zones urbaines denses.

Un article de Cyrille Veran. Voir l’article sur Les Echos.

2017-12-19T12:04:58+00:00